Les chômeurs paient «double» la crise économique en Espagne

A fin mars, l’Espagne comptait 5.035.243 de chômeurs

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Trabajadores parados en España

 

Plus de cinq millions de personnes sont considérées officiellement sans-emploi en Espagne mais une grande partie parmi elles n’ont droit à aucune sorte de prestations pour chômage. Il est aussi devenu de plus en plus difficile pour les jeunes d’accéder au marché du travail et à un emploi stable.

En dépit des houleux débats au parlement et dans les medias sur les ravages causés par la corruption, l’implication de politiques dans des scandales financiers et l’absence de résultats concrets des mesures d’austérité, la situation au marché du travail demeure préoccupante. D’autant plus, plusieurs dizaines de milliers de chômeurs dits chroniques ont perdu leurs droits aux prestations sociales spéciales. C’est une donnée révélée par la centrale syndicale Commissions Ouvrières (CC.OO) qui se réfère aux statistiques puisées dans les registres du Service Public national d’Emploi (SEPE).

Seules 63,25% des personnes inscrites aux bureaux de placement touchaient une indemnité de chômage en février dernier, contre 67,9% au même mois de l’année dernière lorsqu’il y avait 4,7 millions de chômeurs, signale SEPE.

Sur les cinq millions de chômeurs recensés actuellement, uniquement 3.034.866 bénéficient des prestations accordées par le système de protection pour chômage, soit 0,4% de plus il y a un an, ajoute la même source.

A fin mars, l’Espagne comptait 5.035.243 de chômeurs (mois 0,1% par rapport à février), soit une baisse de 4.979 personnes. Cette légère diminution n’invite guère à l’optimisme pour le fait de coïncider avec les vacances de pâques (Semana Santa),

une période généralement propice à la création de postes d’emploi temporaires, a mis en garde CC.OO. De ce fait, observe la centrale syndicale, les chômeurs « sont doublement pénalisés, d’abord pour la perte de l’emploi, ensuite, en vivant sans aucun type de protection » sociale.

Parallèlement, il existe plus de 864.100 jeunes de moins de 25 ans qui ont abandonné le marché du travail, entre le 3e trimestre de 2007 et fin 2012, a indiqué pour sa part,

l’Association des Entreprises du Travail Saisonnier (ASEMPLEO). Il s’agit de jeunes qui ont décidé de mettre fin à la recherche d’un emploi pour perdre toute confiance en le marché du travail.

Le chômage juvénile a doublé depuis le début de la crise en 2007, année durant laquelle avaient été comptabilisés 458.000 sans-emploi jeunes. Près de 41% de cette catégorie de travailleurs sont actuellement en chômage. Au total, depuis le troisième trimestre de 2007, ont été détruits 1.330.000 emplois de jeunes. La chute de l’occupation de ce collectif a concerné 180.000 de ses membres en 2012.

Pendant ce temps, le patronat espagnol insiste sur la « modération des coûts de production pour éviter davantage de pertes d’emploi », lit-on dans un communiqué de la Confédération Espagnole des Organisations d’Entreprises (CEOE) et de la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises (CEPYME).

Mohamed Boundi
Periodista, doctor en sociología y ciencias de la comunicación de la universidad Complutense de Madrid. Corresponsal en España desde 1987, es licenciado en periodismo, investigador en ciencias sociales, opinión pública y cultura política. Publicaciones: “Marruecos-España: Heridas sin cicatrizar”, un estudio sobre la imagen de Marruecos y sus instituciones en la opinión pública española en momentos de crisis; “Sin ellas no se mueve el mundo”, un trabajo de terreno sobre la condición de las empleadas de hogar inmigrantes en España; “La mujer marroquí en la Comunidad autónoma de Madrid: convivencia y participación social”.

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